Mer d'Aral : rien de neuf sous le soleil...

Image du mois - novembre 2003

La mer d'Aral vue par le capteur Meris à bord d'Envisat, le 9 juillet 2003. (Credits Esa)

La baisse catastrophique du niveau de la mer d'Aral se poursuit. Suite à des ponctions d'eau, du fait d'une irrigation intensive en amont des fleuves qui l'alimentent, ce lac d'eau très peu salée a perdu une grande partie de son volume et de sa superficie depuis 1960. La perte est estimée à la moitié de son volume sur ces 15 dernières années.
En 1989, on a assisté à la division en deux bassins, la Grande et la Petite Aral. D'ici un ou deux ans, la Grande Aral devrait elle-même se diviser. Déjà très salé, (80g/l, soit presque la salinité de la mer Morte), ce bassin voit son écosystème s'appauvrir pour quasiment disparaître, hormis les rares espèces capables de survivre dans un milieu aussi salin. Si les choses semblent désespérées pour la Grande Aral (du moins tant que dure l'irrigation), la Petite Aral, elle, a des chances d'être stabilisée, grâce au projet de rebâtir la digue qui avait cédé en 1999 (juste après l'Image du Mois que nous avions publié en juillet 1999).
Cet asséchement de la mer d'Aral n'est cependant pas une première. Déjà, au début de notre ère, et surtout au Moyen Âge (dans ce dernier cas probablement aussi à cause de l'irrigation), la mer d'Aral a été asséchée. La situation écologique et surtout sanitaire n'en reste pas moins préoccupante dans la région, avec des affections respiratoires dues au sable et aux dépôts de sels laissés par la mer en s'asséchant, et que les vents emportent très loin.

Variations du niveau de la Grande Aral (à gauche) et de la Petite Aral (à droite) mesurées par Topex/Poséidon et Jason-1. Si le niveau la Petite Aral reste à peu près stable, la Grande Aral est en train de s'assécher rapidement. (Credits Legos)

 

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