Une vision à deux fréquences de l'Antarctique

Image du mois - novembre 2004

Différence entre la hauteur mesurée par l'altimètre d'Envisat (RA2) en bande Ku (13.6 GHz) et en bande S (3.2 GHz) au mois d'avril (automne austral). Cette différence varie en fonction des saisons, par l'effet des changements des températures et/ou des précipitations et du vent (cliquez pour voir l'animation sur un an, une image tous les mois d'avril 2003 à mars 2004)
(Credits Legos)

 

L'étude des glaciers de l'Antarctique et du Groenland revêt une importance particulière, notamment parce que leurs réactions est une des inconnues majeures des scénarios de réchauffement climatique. L'altimétrie permet de mesurer la topographie des surfaces glacées de la planète (voir les images du mois d'avril et août 2000, Des fleuves de glace en Antarctique et Un lac sous la glace), et d'étudier leurs vitesses d'écoulement. Avec des altimètres bi-fréquences (qui émettent deux fréquences d'onde distinctes, au départ pour permettre des corrections sur la mesure altimétrique), on peut en outre observer des différences entre ces deux fréquences, dues en particulier à la façon dont l'onde pénètre dans la neige. Cette pénétration varie en fonction des saisons, par l'effet des changements des températures, qui en modifie l'absorption et/ou des précipitations et du vent, qui eux, jouent sur la rugosité de la surface, et donc la dispersion de l'onde quand elle se réfléchit. Ces effets d'absorption et de dispersion des ondes dans la neige est encore l'objet d'études, pour mieux comprendre ces phénomènes.

Envisat, avec son orbite qui "monte" jusqu'à 82° (Nord et Sud) est particulièrement intéressant pour l'observation de l'Antartique, puisqu'il en couvre la majeure partie. Avec tous les instruments embarqués, il permet, en plus, d'observer le même phénomène sous de nombreux aspects, et ainsi d'en tirer de précieuses informations.