Classer la glace depuis l'espace

Image du mois - juin 2008

Classification de la glace sur le Groenland pour l'année 2004 réalisée en utilisant les mesures altimètre et radiomètre d'Envisat (bi-fréquences tous les deux, donc un total de quatre fréquences utilisées). Six types de neige différents ont été définis, la plupart comparables à ce qui avait été étudié au préalable (sauf pour la classe 6, en mauve) : les classe 5 (rouge) et 4 (rose) correspondent à de la neige sèche; la classe 2 à la zone de percolation, 3 à de la neige humide et 1 à de la glace nue ou à de la terre. (Credits CLS/Legos)

La façon dont l'onde radar de l'altimètre se réfléchit sur les surfaces glacées dépend de sa fréquence (voir par exemple l'image du mois d'octobre 2006: L'altimètre regarde dans les crevasses), mais aussi de la glace ou de la neige elles-mêmes. Ainsi, un écho que l'on pense venir d'une profondeur de plusieurs mètres de neige peut en fait être une réflexion sur la surface gelée... Ceci rend l'analyse des mesures altimétriques sur glaces assez compliquée. Cependant les altimètres sont couplés à des radiomètres, et utilisent le plus souvent deux fréquences. Plusieurs sources de données sont ainsi disponibles, et peuvent être utilisées conjointement. C'est très utile pour la compréhension de la mesure altimétrique, mais également comme information en soi : en utilisant les deux mesures de l'altimètre et celles du radiomètre, on peut classer la neige par type. De précédentes études, faites in situ, ou par diffusiomètre avaient permis de définir des catégories (faciès), comme la neige sèche, la zone de percolation (quand la glace fond et traverse la neige, finissant par re-geler), la neige humide (avec de l'eau libre), et la glace nue (quand la neige hivernale a fondu et laissé la glace sous-jacente exposée).

Envisat, avec deux fréquences pour l'altimètre et deux autres pour le radiomètre, peut être utilisé pour une telle typologie en particulier puisque les données sont disponibles jusqu'à 82° de latitude nord et sud, et couvrent donc une grande part des surfaces gelées de la Terre. Utiliser les observations spatiales pour définir des catégories de glace permet une surveillance continue de zones particulièrement sensibles aux variations climatiques.

Voir aussi :

Référence :

  • Tran, N, F. Rémy, P. Féménias, Snow facies over ice sheet derived from Envisat active and passive observations, IEEE Trans. Geosci. Remote Sens., Vol. 46,  No 11,  3694 - 3708,  November 2008, doi 10.1109/TGRS.2008.2000818 .