Les altimètres relèvent le niveau

Image du mois - mai 2008

Niveau moyen global des océans depuis octobre 1992, vu par les satellites altimétriques. La droite indique la tendance générale, à la hausse d'environ 3 mm par an. Les variations saisonnières ont été retirées, ainsi que des variations à 60 jours. (Credits Cnes/CLS/Legos).

L'altimétrie permet de mesurer le niveau des océans au large. Entre 1993 et 2008, le niveau moyen global de la mer a monté en moyenne de 3 mm/an, valeur nettement supérieure à celle mesurée par les marégraphes au cours des dernières décennies. On a aussi découvert que la mer ne monte pas de manière uniforme : dans certaines régions comme le Pacifique Ouest, la hausse s'est avérée bien plus importante que la moyenne. Dans d'autres, comme le Pacifique Est, la mer a baissé.
Le niveau de la mer enregistre les évolutions complexes de plusieurs composantes du système climatique (océans, calottes polaires, glaciers de montagne). Il est aussi sensible aux modifications du cycle hydrologique liées au pompage des eaux souterraines, à la construction de barrages sur les fleuves, à l'irrigation, la déforestation, l'urbanisation, ...  Pour la période 1993-2003, le réchauffement des océans explique environ 50% de la hausse observée du niveau de la mer,  le reste étant causé par la fonte des glaciers de montagne (30%) et l'écoulement rapide à la mer des glaciers côtiers du Groenland et de l'Antarctique de l'ouest (20%).

Depuis 2006 environ, la courbe d'évolution du niveau de la mer présente un pallier. Cependant, de nombreux phénomènes (comme La Niña) peuvent expliquer cette observation (qui avait pu déjà être faite vers 1998-2000). De plus deux ans est une période trop courte pour estimer une tendance sur un phénomène climatique.

Les altimètres fournissent des mesures du niveau moyen des mers depuis 1993. Cette période permet une estimation sérieuse de la tendance, mais n'est encore que la moitié de ce que l'on définit comme une période climatique (soient 30 ans). La continuité des mesures qui sera assurée par Jason-2, et au-delà par les satellites qui devraient prendre le relais (Jason-3) est donc capitale pour mesurer et comprendre les variations du niveau moyen des océans.

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