Un couloir pour les tourbillons

Image du mois - juin 2009

Trajectoires des tourbillons âgés d'au moins 6 moins dans l'Atlantique Nord-Est. En rouge, les tourbillons anticycloniques, en bleu les cycloniques, sur la période octobre 1992-septembre 2006. Un groupe de tourbillons anticycloniques se détache au sud des îles Canaries pour aller ensuite vers l'ouest vers le milieu de l'Atlantique. (Credits Universidad de Las Palmas de Gran Canaria/IMEDEA)

Les tourbillons semblent dispersés un peu au hasard dans l'océan (voir l'Image du Mois de Septembre 2007). Une certaine régularité existe cependant, en particulier là où il y a des vents et/ou des courants dominants, et des îles ou des reliefs particuliers. Le "couloir de tourbillons des Canaries" est une de ces zones, qui peut être détectée dans les plus de 16 ans de données altimétriques aujourd'hui disponibles. Le phénomène est un couloir orienté est-ouest, où les tourbillons, nés de la perturbation du Courant des Canaries et des Alizés par les îles Canaries, se déplacent. Il s'étend des Canaries jusqu'à au moins 32°W, près de la dorsale médio-Atlantique. Des tourbillons anticycloniques "agés" de plusieurs années ont même été observés aussi loin que 50°W, bien après cette dorsale.

Les observations des altimètres et les trajectoires des flotteurs dérivants montrent que les tourbillons dans ce couloir se déplacent d'abord vers le sud, en suivant le courant des Canaries. Ensuite, vers (18°W, 25°N), ils vont vers l'ouest (avec un léger biais vers le sud pour les tourbillons anticycloniques), à une vitesse moyenne d'un degré par mois.

La disponibilité de longues séries de données altimétriques permet de détecter et visualiser les structures permanentes de l'océan.

Vitesses géostrophiques calculées à partir de l'altimétrie en septembre (à gauche) et décembre 1998 (à droite), montrant le centre d'un intense tourbillon anticyclonique au Sud de Gran Canaria. Le trait bleu correspond à la trajectoire d'une bouée dérivante trois jours avant et après la carte altimétrique. La trajectoire de la bouée correspond bien aux observations altimétriques de ce tourbillon. (Credits Universidad de Las Palmas de Gran Canaria/IMEDEA)
À gauche, vitesses obtenues à partir de données ADCP moyennées sur les premiers 100 m (flèches noires) superposées à des hauteurs de mer dérivées de données altimétriques multi-missions en septembre 2002. Les deux sources de données montrent un tourbillon anticyclonique au sud de l'île d'El Hierro (la plus au sud-ouest des îles Canaries). À droite, les vitesses géostrophiques superposées à une trajectoire de bouées dérivantes (trait bleu). La trajectoire correspond à 15 jours avant et après l'image, suivant la périphérie du même tourbillon que dans la carte de gauche, un mois plus tard. La forme et l'intensité du tourbillon correspondent dans les deux sources de données, avec un diamètre de près de 100 km. (Credits Universidad de Las Palmas de Gran Canaria/IMEDEA)

Voir aussi :

Références

  • Sangrà, P., A. Pascual, Á. Rodríguez-Santana, F. Machín, E. Mason, J.C. McWilliams, J.L. Pelegrí, C. Dong, A. Rubio, J. Arístegui, Á. Marrero-Díaz, A. Hernández-Guerra, A. Martínez-Marrero, M. Auladell, The Canary Eddy Corridor: a major pathway for long-lived eddies in the subtropical North Atlantic, submitted to Deep Sea Research