Des oiseaux sur la trace des tourbillons

Image du mois - septembre 2009

Structures filamentaires les semaines des 24 septembre et 6 octobre 2003 dans le canal du Mozambique, avec les positions de frégates (les couleurs correspondent aux différents oiseaux ; deux types différents de structures peuvent être calculés pour chaque période). La plupart des points se trouve sur les traits les plus sombres, ou filaments. (Crédits IRD)

 

Il semble que les satellites ne soient pas les seuls à détecter les tourbillons océaniques d'en haut. Les frégates sont des oiseaux de mer qui se nourissent principalement de poissons et de calamars. Quand on compare leurs trajets (localisés par des balises Argos) et la dynamique océanique, une corrélation assez étroite apparaît.

Le phytoplancton est souvent trouvé à la bordure des tourbillons, et/ou sur des structures comme les filaments, où se déroule un mélange vertical des eaux. De ce fait, les animaux qui se nourrissent de ce plancton sont aussi dans ces zones, et ainsi de suite jusqu'aux prédateurs, grands poissons comme les thons, ou oiseaux de mer comme les frégates. Les frégates en effet survolent la bordure des filaments, plus de deux tiers du temps, même si ces structures n'occupent pas plus de 30% de la surface océanique. Le fait que des oiseaux, vivants hors de l'eau, soient capables de suivre des structures océaniques est plus surprenant que pour les animaux marins. L'existence de courants aériens au-dessus des structures océaniques, et/ou l'utilisation de leur vision ou de leur odorat sont les hypothèses avancées.

L'altimétrie "classique" avait déjà permis de mettre en évidence de telles corrélations. Avec de nouvelles techniques comme le calcul des filaments, qui permettent d'améliorer la résolution des données, une meilleure compréhension est possible.

Voir aussi :

Références

  • Tew Kai, E., V. Rossi, J. Sudre, H. Weimerskirch, C. Lopez, E. Hernandez-Garcia, F. Marsaca, V. Garçon, 2009: Top marine predators track Lagrangian coherent structures, Proceedings of the National Academy of Science, vol. 106, n° 20, pp. 8245-8250