L'océan génère une part de sa propre variabilité

Image du mois - novembre 2011

Pourcentage de la variabilité océanique (sur des périodes de plus de 18 mois) due à l'océan lui-même (variabilité intrinsèque), en anomalies de hauteur de mer (en haut) et en température de surface (en bas). Selon les zones et les latitudes, jusqu'à 80% de la variabilité océanique est intrinsèque. (Crédits LEGI/MEOM)

Quelle part de la variabilité interannuelle de l'océan (pour des phénomènes de période de plus de 18 mois) est pilotée par l'atmosphère, et quelle part est générée par l'océan lui-même ? Pour aider à résoudre cette question, le projet Drakkar a fait tourner deux fois son modèle. Une première avec toutes les influences atmosphériques ("forçages") possibles, y compris celles qui s'exercent sur des échelles de temps interannuelles. Une seconde simulation a été faite avec juste un cycle saisonnier atmophérique.
La première simulation produit une variabilité interannuelle "totale", qui se manifeste dans les anomalies de hauteur de mer de façon très proche des mesures altimétrique. La seconde simulation génère également une variabilité interannuelle, mais qui vient de phénomènes internes à l'océan, non linéaires.

Selon la latitude, jusqu'à 40% voire 80% de la variabilité interannuelle totale est générée l'océan lui-même (variabilité intrinsèque). Cette proportion est aussi notable sur la température de surface. Les régions où les tourbillons mésoéchelle sont forts (océan Austral, courants de bord ouest) sont essentiellement concernés par la variabilité interannuelle intrinsèque. A l'inverse, dans le Pacifique tropical et l'océan Indien, la variabilité océanique est majoritairement due à l'influence directe de l'atmosphère. Cette étude montre aussi que quand les modèles sont capables de simuler les tourbillons (comme c'est le cas des modèles climatiques actuels notamment ceux utilisés par le GIEC), la variabilité intrinsèque est presque absente. L'utilisation de modèles résolvant les tourbillons dans les prévisions climatiques pourrait permettre de prendre en compte une part pour l'instant ignorée de la variabilité interannuelle.

L'altimétrie, surtout avec près de 20 ans de données disponibles, permet de valider de telles études, en permettant la comparaison des sorties de modèles avec des mesures.

Voir aussi :

  • Applications: océan
  • Données: produits altimétriques multi-mission temps réel et différé Ssalto/Duacs

Autres sites sur ce thème :

Références

  • Penduff, Thierry, Mélanie Juza, Bernard Barnier, Jan Zika, William K. Dewar, Anne-Marie Treguier, Jean-Marc Molines, Nicole Audiffren, 2011: Sea Level Expression of Intrinsic and Forced Ocean Variabilities at Interannual Time Scales. J. Climate, 24, 5652–5670. doi: 10.1175/JCLI-D-11-00077.1