Mer énorme* en Atlantique Nord

Image du mois - Avril 2012

En haut : Hauteurs significatives de vague estimées le long des traces de 4 altimètres (Jason-1 et -2, ERS-2, Envisat) les 13 (à gauche) et 14 février 2011 (à droite). Le carré noir dans ces deux figures indique la localisation des mesures les plus extrêmes d'états de mer sur ces deux journées, faites par Envisat (à gauche, 18.1 m) et Jason-2 (à droite, 20.1 m), respectivement. En bas, les valeurs de hauteurs significatives de vagues estimées par les altimètres (en noir, Envisat à gauche, Jason-2 à droite), et calculées par à partir des vents des modèles WaveWatch-3 et ECMWF (rouge), NCEP (vert) et NCEP+10% (bleu). (Crédits Ifremer)

 

Périodes du pic de houle calculées par le modèle WaveWatch-3, et observations par SAR, bouées et sismomètres. Le fond coloré montre les valeurs du modèle à 12h00 le 15 février, au moment où les houles les plus longues venaient lécher les côtes ouest de l'Ecosse. Les carrés représentent les données de bouées, leur taille symbolisant la hauteur de vagues quand la période du pic de houle atteint son maximum, et la couleur la valeur de celle-ci à ce moment-là. A côté de chaque symbole est indiqué l'heure d'arrivée de ce maximum pour chaque bouée. Les cercles donnent la localisation des observations SAR, les losanges celles des stations sismiques, avec le même code de couleurs. (Crédits Ifremer)

Tous les ans, plusieurs tempêtes avec des vents de même force que ceux que l'on trouve dans les cyclones traversent l'Atlantique Nord. De fait, nous avons vu (image du mois de juin 2011) que les plus hautes vagues avaient été observées dans cet océan. Mais les mesures de vitesses des vents et de hauteurs des vagues pendant ce genre de tempêtes est un défi, notamment car il n'y a pas beaucoup d'observation in situ au milieu de l'océan, et donc peu de chances de valider les techniques spatiales. De ce fait, les mesures altimétriques de hauteur significatives de vagues de plus de 15 m sont considérées comme ayant un moindre niveau de confiance. De plus, les modèles sont soupçonnés de sous-estimer la sévérité des évènements extrêmes, en partie à cause d'une faible résolution spatiale, mais aussi à cause de la sous-estimation de ces valeurs par les champs de vents utilisés pour forcer le modèle.

Pendant la tempête Quirin, en février 2011, des hauteurs de vagues extrêmement élevées ont été observées dans l'Atlantique Nord. Pour étudier cette tempête, on a utilisé des observations d'altimétrie satellite, de bouées in situ, et de sismomètres situés dans les terres (ils enregistrent le bruit sismique générés par les tempêtes, qui se propage loin de sa source), ainsi que des modèles numériques de vagues. Cette étude a montré une bonne cohérence entre toutes ces sources d'information, pour les hauteurs de vagues en plein océan générées au plus fort de la tempête, comme pour les observations de son champ de houle comme il atteignait les côtes européennes un ou deux jours plus tard.

(* Selon l'échelle de Douglas, une mer "énorme" est une mer dont la hauteur significative de vagues dépasse les 14 m)

Voir aussi :

Références :

  • Hanafin, J.A.,  Y. Quilfen, F. Ardhuin, J. Sienkiewicz, P. Queffeulou, M. Obrebski, B. Chapron, N. Reul, F. Collard, D. Corman, E.B. de Azevedo, D. Vandemark, E. Stutzmann (2012): Phenomenal sea states and swell from a North Atlantic Storm in February 2011: a comprehensive analysis, BAMS (en révision)