Une salinité plus fine grâce à l'altimétrie

Image du mois - janvier 2013

A gauche, salinité de surface grillée SMOS initiale, à basse résolution pour le 15 août 2012. A droite, la salinité à plus haute résolution obtenue en combinant la salinité de surface avec les données altimétrique temps réel; la présence d'un front du maximum de salinité dans cette région est clairement visible sur la seconde carte. Ces cartes expérimentales (sub)mésoéchelles ont été produites en temps réel pour la stratégie d'échantillonnage de la campagne STRASSE. Le carré noir indique la zone d'étude sélectionnée pour la campagne.(Crédits LOcean/AMU)
 

Le navire océanographiqueThalassa à Las Palmas.

La salinité est un des moteurs de la circulation océanique. Pendant longtemps, elle n'a été mesurée qu'in situ (avec donc des données plutôt localisées, dans l'espace et/ou le temps). Depuis maintenant 3 ans (pour la mission SMOS de l'ESA ; 1 an et demi pour la mission Aquarius de la NASA), des mesures satellites sont disponibles. Cependant, il faut les calibrer, et elles ont besoin d'informations supplémentaires pour être interprétées.
Un programme international, SPURS, qui comprend plusieurs campagnes océanographiques a donc été lancé. En particulier, la campagne française STRASSE s'est déroulée du 16 août au 13 septembre 2012, à bord de la Thalassa (affrétée par l'Ifremer (France) et l'IEO (Espagne)). L'objectif se situait au milieu de la gyre subtropicale nord-atlantique, où la salinité est à son maximum (avec de faibles précipitations et une forte évaporation).

Pendant cette campagne en mer, un des points clés était d'identifier une région adéquate dans la zone où la salinité de surface est maximale, afin d'y mener les prélèvements. Les données grillées de salinité de surface SMOS ont permis de fournir la distribution à grande échelle de cette salinité pour les jours précédant la campagne. Afin d'inclure les effets sur la répartition de la salinité de la dynamique mésoéchelle, les salinité SMOS ont été combinées en temps réel avec des vitesses géostrophiques issues d'altimétrie. Ceci a permis d'obtenir une carte à plus haute résolution de la salinité de surface, à partir de laquelle a été identifiée la meilleure zone (35-36°W, 25.5-26.5°N) pour la campagne STRASSE. Les premiers résultats issus de ces observations in situ confirment les cartes ainsi obtenues. Cette étude pilote est un exemple de l'utilité de l'altimétrie et des outils lagrangiens (calculs de filaments) pour l'intégration de nouvelles données satellites (comme la salinité) et d'observations in situ.

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Références

  •  J. Boutin, N. Martin, G. Reverdin, X. Yin and F. Gaillard, Sea surface freshening inferred from SMOS and ARGO salinity: Impact of rain, Ocean Sci. Discuss., 9, 3331-3357, doi:10.5194/osd-9-3331-2012, 2012