Les icebergs font du bruit !

Image du Mois - septembre 2016

Localisation des hydrophones ayant enregistré le bruit des icebergs dans l’océan Pacifique (cercles verts et jaunes), dans l’océan Atlantique (cercle rouge). La source de ces enregistrements est signalé par les triangles blancs. La trajectoire des icebergs B15A et C19a sont superposées (respectivement en rouge et marron). Les zones coloriées en blanc et bleu autour de l’Antarctique délimitent respectivement le maximum et le minimum d’extension des glaces en 2008. (Crédits Ifremer).
Enregistrements sonores (à deux fréquences distinctes), vitesse du vent et volume de la quantité d’icebergs dans l’océan Pacifique sud. (Crédits Ifremer).

On définit et on s’imagine souvent l’océan comme « Le Monde du Silence ». Mais c’est occulter par exemple, le chant des baleines ou le bruit des poissons raclant le corail. Même sans les bruits artificiels des moteurs et des sonars, l’océan  fourmille de sons en tout genre. Mais il y a un son auquel on ne pense pas tout de suite : le bruit des icebergs !

Les icebergs font du bruit : ils vêlent de leur support continental lorsqu’une fissure plus importante qu’une autre les fait irréversiblement craquer. Ils dérivent ensuite au fil des courants, se fondent dans les eaux, se désintègrent en multiples morceaux et disparaissent enfin sous des latitudes plus clémentes.

L’altimétrie n’est pas une technique capable de mesurer le bruit dans l’océan, pas plus qu’aucune autre technique spatiale, pour la simple raison que le son ne peut se propager dans le vide, au-delà de notre atmosphère terrestre. L’altimétrie intervient ici pour être capable de détecter et d’estimer la concentration d’icebergs dans l’océan. En comparant ces détections d’icebergs par altimétrie avec des enregistrements acoustiques sous-marins, des corrélations sont mises en évidence pour des fréquences données. Ainsi, le vêlage de gros icebergs comme B15A et C19 de la calotte polaire antarctique se sont fait entendre jusqu’aux zones équatoriales des océans atlantique, pacifique et indien. Toute augmentation du vêlage et de la concentration d’icebergs aura un impact sur l’environnement sonore des océans.

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