Le courant liguro-provençal vu in situ et par altimétrie

Image du mois - mai 2019

Carte de la vitesse moyenne du courant dérivée des données ADCP, du glider, du radar HF et de l'altimétrie sur la période mars 2013-octobre 2014. bas, zoom sur le nord de la mer Ligure (rectangle noir indiqué au panneau a). Les vitesses de courant sont positives (resp. négatives) à droite (resp. à gauche) de la trajectoire du navire, du glider ou du satellite. La combinaison de toutes ces observations met en évidence la continuité du courant de la côte italienne jusqu'à la côte espagnole. (Crédits Legos)
Carte de la vitesse moyenne du courant dérivée des données ADCP, du glider, du radar HF et de l'altimétrie sur la période mars 2013-octobre 2014. bas, zoom sur le nord de la mer Ligure (rectangle noir indiqué au panneau a).  Les vitesses de courant sont positives (resp. négatives) à droite (resp. à gauche) de la trajectoire du navire, du glider ou du satellite. La combinaison de toutes ces observations met en évidence la continuité du courant de la côte italienne jusqu'à la côte espagnole. (Crédits Legos)

L'altimétrie spatiale est une mine d'informations nouvelles sur les courants de haute mer. Les courants côtiers avec leurs structures à petite échelle et leur dynamique (notamment en Méditerranée), s'ils sont difficiles à surveiller par la seule altimétrie, peuvent être étudiés en la combinant à d'autres techniques, complémentaires.

Parmi les techniques disponibles utilisées sur le courant nord-ouest de la Méditerranée (courant liguro-provençal), on peut citer l'altimétrie, mais aussi les radars haute fréquence, le profileur de courant Doppler acoustique (ADCP) et les gliders. L'altimétrie le long de la trace, avec un traitement côtier dédié permet une assez bonne obsesrvation des courants de surface dans l'espace et dans le temps, mais sa résolution spatiale effective ne permet pas de résoudre tous les signaux méso- et subméso-échelle associés à un courant côtier. Les radars côtiers à haute fréquence offrent quant à eux une bonne vue quotidienne de la surface de l'eau, mais seulement pour une petite zone (60 x 40 km) et, comme ils n'observent que la couche superficielle, ils peuvent mesurer essentiellement un fort courant dû au vent (flux Ekman). Le profileur de courant Doppler acoustique (ADCP) à bord d'un navire permet de voir une structure de courant verticale à très haute résolution et jusqu'à la côte, mais il est échantillonné de façon irrégulière et les mesures peuvent contenir des composantes de courant agéostrophiques instables, comme des oscillations d'inertie. Les gliders ont une résolution horizontale et un échantillonnage temporel inférieurs à ceux des ADCP et des radars HF, mais ils fournissent des sections d'observation beaucoup plus longues. 

Au total, l'étude sur le courant liguro-provençal montre que les quatre sources de données fournissent des estimations du courant différentes mais cohérentes. Cela permet également de quantifier les composantes du courant : l'altimétrie seule tend à sous-estimer le courant. Une approche combinée multidonnées est un moyen unique d'obtenir une image complète d'un système dynamique aussi complexe que le courant liguro-provençal. Enfin, il est important de noter que l'amélioration du traitement et de la correction des données altimétriques ainsi que les innovations techniques conduisent à un nombre toujours croissant de points de données côtiers toujours plus proches du littoral. 

Voir aussi :

Références :

  • Carret, A., Birol F., Estournel C., Zakardjian B., Testor P.: Synergy between in situ and altimetry data to observe and study Northern Current variations (NW Mediterranean Sea), Ocean Sci., 15, 269-290, https://doi.org/10.5194/os-15-269-2019, 2019