Les prévisions climatiques à long terme

La question de l'évolution future du niveau des mers, étroitement liée à celle du climat, est essentielle aujourd'hui. Des modèles de prévision climatiques à long terme sont mis au point pour y répondre. Ces modèles, outils imparfaits mais éprouvés, créent une réplique informatique pour rendre compte des caractéristiques essentielles de notre planète.

Anomalies de températures en °C (haut) et de précipitations en mm/jour (bas) de la moyenne des années 2090 à 2099 par rapport à la moyenne des années 2000 à 2009. Modèle du CNRM, basé sur le scénario A2 d'émissions élévées du GIEC.

Une synthèse régulière de ce travail est menée au niveau international par le GIEC. Des premiers rapports en 1990, 1995 puis 2001 et enfin 2007, tous s'accordent sur le réchauffement climatique imputable aux activités humaines, et sur l'accélération de ce processus sur la dernière décennie. En 2007, dans le 4ème rapport du GIEC, les modèles prédisent qu'à l'horizon 2100, le niveau moyen global de la mer sera plus haut qu'aujourd'hui d'environ 28 à 43 cm. Malgré les incertitudes quantitatives des résultats, les modèles sont cohérents et intègrent aujourd'hui mieux les océans (grâce à l'apport des satellites altimétriques et la circulation profonde des courants), la physique et chimie de l'atmosphère, l'hydrologie et la végétation.

La réponse du système climatique n'est pas uniforme à l'échelle du globe. Les régions continentales de l'hémisphère nord et les régions arctiques se réchauffent plus que la moyenne du globe. L'hémisphère sud a un réchauffement moins marqué et il n'y a pratiquement aucun changement dans les régions du courant circumpolaire. On observe une zone légèrement plus froide dans Atlantique nord, provenant d'une modification de la circulation océanique (diminution du transport d'eau chaude en provenance de l'équateur). Concernant les précipitations, on observe une augmentation plus marquée dans les régions tropicales et une aridification plus marquée dans les régions subtropicales et méditerranéennes.

Pourcentage moyen de la surface de l'Arctique couverte par la glace de mer en mars pour les périodes 1950-1979 et 2070-2099 calculée par modèle climatique. Le réchauffement est ici amplifié par les modifications de la réflexion de la lumière solaire : la décroissance de la couverture de glace diminue le pouvoir réfléchissant de la surface en été. Ceci a pour effet d'augmenter la quantité d'énergie solaire absorbée par l'océan superficiel et par conséquent de retarder la formation de glace hivernale. (Crédits Météo France).